La règle

Il n’est pas requis que les nouveaux membres usent de tous les moyens énumérés dans cette règle, dès les premiers temps où ils participent à une fraternité Béthanie. Ils pourront intégrer peu à peu ces moyens à leur vie et, après une période d’un an, ils devraient normalement user de tous ces moyens.

Description des divers moyens :

Pour atteindre l’objectif de Béthanie les membres utilisent divers moyens :

1- Comme le mystère eucharistique est le centre de la vie chrétienne[1], les membres de Béthanie assistent au Saint Sacrifice de  la messe au moins une fois par semaine, en sus de la messe dominicale (ils peuvent y assister ensemble, si cela est opportun, le jour de la réunion).

2- Comme l’a rappelé le Saint Père Jean-Paul II, « La confession périodiquement renouvelée, dite de « dévotion », a toujours accompagnée dans l’Église la montée vers la sainteté. »[2] C’est pourquoi les membres de Béthanie recourent, au moins mensuellement, au sacrement de la réconciliation.

3- Par la récitation quotidienne du chapelet, les membres de Béthanie veulent répondre à la demande faite par la mère de Dieu, à Fatima, le 13 octobre 1917 : « Il faut réciter le chapelet tous les jours. »

Le chapelet « est ma prière préférée, disait Jean-Paul II. Prière merveilleuse ! Merveilleuse dans sa simplicité et sa profondeur. En elle, nous redisons plusieurs fois les paroles que la Vierge Marie entendit de l’Archange et de sa cousine Élisabeth. L’Église s’associe à ces paroles. On peut dire que le chapelet est une prière commentaire du dernier chapitre de la Constitution Lumen Gentium de Vatican II, chapitre qui traite de l’admirable présence de la Mère de Dieu dans le mystère du Christ et de l’Église. En effet, sur le fond des paroles Ave Maria passent devant les yeux de l’âme les principaux épisodes de la vie de Jésus-Christ. Ils se composent des mystères joyeux, douloureux, glorieux (et lumineux)[3] et nous mettent en communion vivante avec Jésus à travers le Cœur de sa Mère. En même temps, notre cœur peut dans ces dizaines du chapelet cueillir tous les aspects qui composent la vie de l’individu, de la famille, de la Nation, de l’Église et de l’humanité ; les situations personnelles, celles du prochain, et plus spécialement de ceux qui sont plus proches de nous et auxquels nous sommes plus liées. Ainsi la simple prière du Chapelet bat le rythme de la vie humaine.»[4]

Les membres de Béthanie prient le chapelet  les uns pour les autres, pour les intentions du Saint Père ainsi que pour l’intention de la semaine qui est choisie au moment de la réunion.

4- Les membres de Béthanie font également quotidiennement une révision de vie ou examen de conscience. Ils passent en revue leur journée, afin de détecter les points sur lesquels ils pourraient s’améliorer ou s’amender.

En plus de faire une révision générale de leur journée, ils s’examinent quant à un point particulier sur lequel ils veulent davantage consacrer leurs efforts.

5- Les membres de Béthanie se fixent également un emploi du temps en vue d’utiliser le plus utilement possible le temps que le Seigneur met à leur disposition.

6- Les membres de Béthanie tiennent une réunion, autant que possible hebdomadaire, à un moment qu’ils fixent ensemble. La réunion a lieu, autant que possible, dans la maison ou le logement de l’un des membres. On peut alterner le lieu de la réunion.

Voici les éléments que l’on retrouve dans la réunion :

- La messe et/ou le chapelet récité en commun, si cela est possible et opportun.

- Prière ou chant d’introduction à la réunion.

- Lecture d’un passage de l’évangile, habituellement celui du jour de la réunion ou celui qui sera proclamé à la prochaine célébration dominicale.

- Réflexion et partage sur ce passage de l’évangile. Le partage est toujours très libre. On ne doit pas engager une discussion au moment du partage. Un partage évangélique n’est pas le lieu pour expliquer à l’autre ou aux autres ce que veut dire le texte, mais plutôt de partager comment chacun l’accueille et ce qu’il y perçoit. Chacun écoute simplement ce que les autres membres du groupe partagent.

- Formulation d’intentions de prières. Après qu’un membre a formulé une intention, les autres peuvent répondre « Écoute-nous, Seigneur. » ou une formule de ce genre.

- Récitation en commun du Notre-Père suivi de l’échange de la Paix du Seigneur.

- Échange sur les difficultés ou les succès que les membres ont eus, depuis la dernière réunion, dans l’utilisation des moyens prévus dans la règle de Béthanie. Le but de cet échange est d’encourager, d’aider, de stimuler les membres à mettre en pratique ou encore à mieux utiliser les moyens prévus par Béthanie. On peut prévoir au cours d’une réunion sur quel point de la règle on s’arrêtera plus précisément lors de la réunion suivante.

- Désignation, par le responsable, de l’animateur de la prochaine réunion.

- Détermination du lieu de la prochaine réunion.

- Détermination d’une intention de prière commune, pour la récitation du chapelet, pour la semaine qui vient.

- Lecture ou étude, durant environ 45 minutes, de documents officiels de l’Église catholique (encyclique, exhortation apostolique, Catéchisme de l’Église catholique, etc) et/ou de documents écrits par des auteurs reconnus comme des maîtres par la tradition catholique (Docteurs de l’Église, Pères de l’Église, etc.).

- Prière ou chant de clôture dédié à Marie.

- Bénédiction finale. L’animateur demande à Dieu de bénir les membres du groupe. Si un prêtre est présent, il bénit les membres.

- Collation très simple en vue de favoriser les échanges fraternels.

 



[1] Sacrée Congrégation des rites, Instruction Eucharisticum Mysterium, 25/5/1967.

[2] Jean-Paul II, Discours aux membres de la Sacrée Pénitencerie et des collèges des Pères Pénitenciers des Basiliques Patriarcales, 30 janvier 1981.

[3] Jean-Paul II a pris l’initiative de compléter par les mystères lumineux la liste des mystères que le rosaire se propose de méditer.

[4] Jean-Paul II, Angélus du 29 octobre 1978.