Pourquoi l’ordination exclusive des hommes

Le cardinal Ouellet a publié récemment Actualité et avenir du concile oecuménique Vatican II. Dans un passage de son livre, il fait comprendre la raison fondamentale de la volonté du Christ de n’ordonner que des hommes. Le mariage sacramentel est le signe des épousailles du Christ et de l’Église. Le Christ est l’époux de l’Église et le prêtre représente le Christ-époux. Le prêtre est le sacrement du Christ. Il doit donc être un homme, comme l’époux, dans le mariage, doit être un homme.

Voici le passage en question: «Pastores dabo vobis (Exhortation apostolique de Jean-Paul II, sur la formation des prêtres, du 25 mars 1992) a développé — et je m’en suis beaucoup réjoui — la dimension nuptiale du sacerdoce. Le prêtre est le représentant du Christ tête du Corps du Christ qu’est l’Église. On a ajouté et développé qu’il est aussi tête et époux de l’Église. Cette ecclésiologie nuptiale répond au mystère d’Alliance qu’est la personne du Christ, Dieu-homme. C’est un besoin de notre temps, à la fois pour que le prêtre saisisse plus profondément  qui il est et pour qu’il vive de façon plus profonde et plus belle son rapport à la communauté, à l’Église. Ce rapport est personnel et non pas seulement fonctionnel ou organisationnel: le prêtre doit vraiment se saisir dans l’ordre sacramentel. Il est le sacrement du Christ époux. C’est pourquoi son lien à l’Eucharistie est absolument fondamental, car l’Eucharistie est le don de l’Époux à l’Église épouse. Le Corps du Christ qu’est l’Église jaillit du Corps eucharistique du Christ: ce Corps défini comme l’Épouse du Christ est dans ce rapport de complémentarité, d’intimité, de fécondité, qui dépend de la source eucharistique.»  Cardinal Marc Ouellet, Actualité et avenir du concile oecuménique Vatican II, Dijon, L’Échelle de Jacob, 2012, p. 16

Voici également quelques passages de la déclaration Inter Insigniores:

«Après avoir rappelé la norme de l’Église et ses fondements, il est utile et opportun d’éclairer cette règle en montrant la profonde convenance que la réflexion théologique découvre entre la nature propre du sacrement de l’Ordre, avec sa référence spécifique au mystère du Christ, et le fait que seuls des hommes ont été appelés à recevoir l’ordination sacerdotale. Il ne s’agit pas là d’apporter une argumentation démonstrative, mais d’éclairer cette doctrine par l’analogie de la foi.

(…)

«Ce thème nuptial qui se précise depuis les épîtres de saint Paul (cf. 2 Co 11, 2; Ep 5, 22-23) jusqu’aux écrits johanniques (cf. surtout Jn 3, 29 ; Ap 19, 7 et 9) est présent même dans les Évangiles synoptiques tant que l’Époux est avec eux, ses amis ne doivent pas jeûner (cf. Mc 2, 19) ; le Royaume des cieux est semblable à un roi qui fit des noces pour son fils (cf. Mt 22, 1-14). C’est par ce langage de l’Écriture, tout tissé de symboles, qui exprime et atteint l’homme et la femme dans leur identité profonde, que nous est révélé le mystère de Dieu et du Christ, mystère qui, de soi, est insondable.

«C’est pourquoi on ne peut négliger ce fait que le Christ est un homme. Et donc, à moins de méconnaître l’importance de ce symbolisme pour l’économie de la Révélation, il faut admettre que, dans des actions qui exigent le caractère de l’ordination et où est représenté le Christ lui-même, auteur de l’Alliance, époux et chef de l’Église, exerçant son ministère de salut – ce qui est au plus haut degré le cas de l’Eucharistie -, son rôle doive être tenu (c’est le sens premier du mot persona) par un homme : cela ne relève en ce dernier d’aucune supériorité personnelle dans l’ordre des valeurs, mais seulement d’une diversité de fait au plan des fonctions et du service.

(…)

«Si l’on fait droit à ces réflexions, on comprendra mieux le bien-fondé de la pratique de l’Église ; et l’on conclura que les controverses élevées de nos jours sur l’ordination de la femme sont pour tous les chrétiens une pressante invitation à approfondir le sens de l’épiscopat et du presbytérat, à redécouvrir la situation originale du prêtre dans la communauté des baptisés, dont il fait certes partie, mais dont il se distingue parce que, dans les actions qui exigent le caractère de l’ordination, il est pour elle – avec toute l’efficacité que comporte le sacrement – l’image, le symbole du Christ lui-même qui appelle, pardonne, accomplit le sacrifice de l’Alliance. »

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